Clouer l'ouest

Clouer l'ouest

Chevalier, Séverine

Manufacture de livres

  • 5 décembre 2019

    Plateau de Millevaches, Limousin. Karl, 40 ans, revient dans son village natal après vingt ans d'absence. Il avait laissé là son enfance, sa jeunesse, emportant avec lui ses rêves de grandeur, ses rêves d'Ouest. Surtout fui sa vie, sa famille, le père, détestable et détesté, la mère transparente, le frère, étrange "Indien" retranché dans son monde, et puis les autres, les villageois qui portent sur leur visage toute l'aigreur et l'amertume d'une vie désolée. Des mots ciselés, une écriture à l'os pour ce roman où tout s'imbrique naturellement, où l'on comprend que le dernier acte qui se joue ici et maintenant a pris ses racines il y a bien longtemps et qu'il n'existe qu'une issue possible : inéluctablement tragique.


  • par (Libraire)
    26 juillet 2019

    Inévitablement

    C’est un court roman.
    On s’y sent évoluer dans les limbes.
    Les limbes d’on ne sait quoi, d’on ne sait qui, tout du long.
    Et puis, on finit par saisir et être saisi.
    Karl est parti, il y a longtemps, pour échapper aux lieux de l’enfance, aux êtres aussi évidemment.
    Aujourd’hui, il est dans une situation matérielle alarmante, d'erreurs et de dettes de jeu cumulées. Il ne voit d’autre solution que de retourner vers ce giron familial, dans une espèce d’urgence viscérale, comme se jeter dans la gueule du loup.
    Il y va avec Angèle, sa petite fille de cinq ans, qui ne parle pas, mais saisit tout des êtres, des situations de son grand regard pétillant.
    Une écriture telle une langue poétique qui se murmure à votre oreille.
    Oreille que vous tendez encore davantage, du récit de plus en plus haletant, pour mieux comprendre, dans l'attente tendue vers ce qui va se vivre et se révéler.
    De cette langue, une atmosphère surgit.
    Des êtres tranchés, denses et des ambiances subtiles, sans contour, s’esquisse un paysage.
    On se trouve face à un tableau dont on ne cesse de découvrir des détails surprenants, offrant l’ensemble évident.
    Vous n’avez d’autre choix que d’aller au bout du récit, dans une espèce de frénésie, dans un questionnement permanent. Vous êtes intimement lié, imbriqué dans la langue qui se déploie.