La secrète mélancolie des marionnettes

Denis Grozdanovitch

Éditions de L'Olivier

  • 16 mars 2011

    La mélancolie des marionnettes, un joli titre qui suscite l'interrogation, la curiosité, des pointes d'appréhension. A chacun de ressentir ce titre, de deviner quelle histoire ce cache sous ce titre, la quatrième n'est pas très bavarde, et je ne le serai pas plus.

    L'histoire s'articule comme un marionnettiste pourrait le faire, laissant jouer les personnages au gré du spectacle. Tous les protagonistes ne sont que l'occasion à l'auteur à nous offrir de belles opportunités de réflexion, et autres idées intéressantes. Chaque personne lève le rideau sur un horizon différent, tant pour son originalité, sa particularité qui ont leur importance dans l'architecture et l'ambiance du roman.

    Le voyage est au rendez-vous, parcourir les belles villes d'Italie, ressentir cette langueur, admirer les couleurs et cette douceur de vivre, m'ont ravie ! Je suis ressortie de cette lecture détendue comme un retour de vacances. Une belle échappée en toute simplicité, croiser des gens atypiques, écouter leur parcours, passer un petit moment en leur compagnie, un réel moment de plaisir.

    Sans révéler chaque personnage, vous pouvez deviner : qui dit marionnette dit marionnettiste. Ce personnage m'a touchée et j'ai totalement succombé aux dialogues des marionnettes, à les deviner, à me fondre dans le décor. Si je suis toujours en admiration devant un spectacle, c'est sans grande surprise quand on habite proche de la capitale mondiale de la marionnette. Vivre un festival mondial ne peut que nous émerveiller et j'ai tout à fait retrouvé dans l'histoire de Roberto toute l'esprit de cet art.

    Et le roman dans tout ça !

    Et bien, il est question de livre, d'écriture, de marionnette, de destin, d'Italie, de rencontre, de philosophie, de sport, d'échecs, d'amour. Dernier volet de ce livre, la boucle est fermée, une belle manière de nous présenter cet amour, vivre le moment présent et uniquement ce moment, le préserver comme un merveilleux vécu et rien de plus...

    Je vous invite à découvrir ce roman original, qui peut déstabiliser car il n'y a pas réellement de cohérence entre les différents personnages ou histoires, tout comme si Roberto nous présentait ses marionnettes une à une parfois plusieurs ensemble mais ce n'est jamais un tout uni et solidaire mais plus des éclats ici et là parsemés sur le parcours de Denis, on les cueille et puis on admire les échanges , les idées développées etc... j'ai aimé cette diversité par toutes ces rencontres si différentes, j'ai aimé découvrir toutes ces découvertes.

    Très touchée par ce livre, tant par les réflexions et le monde des marionnettes même si ce n'est pas l'essentiel du livre mais juste quelques fils tirés ici et là. Au final, ne sommes – nous pas tous des marionnettes de notre vie ? C’est la question qui m’est venue en refermant le livre.

    le livre regorge d'autant de réflexions à soulever, à méditer, et tout cela dans une atmosphère sereine et estivale, qu'a su si bien nous peindre l'auteur à la plume tant énergique que mélodieuse et douce.

    Juste un petit bémol : trop de citation ou de référence d'auteurs, de livres... un peu c'est intéressant mais trop ça devient étouffant.

    Mais n'oublions pas que c'est un premier roman, comme je les aime avec tout le lot de défauts, mais aussi de fougue et d'euphorie, pétillant et parfois maladroit, comme la jeunesse en somme. Moi, j'aime donc contente et satisfaite de cette lecture.