• 30 août 2013

    Un récit mouvementé !

    Je ne le répéterai jamais assez, l’Urban fantasy est un des genres que je préfère, et après ma lecture enthousiasmante de « Sandman Slim » de Richard Kadrey, ce premier tome des « Chroniques du Grimnoir » fut une bouffée d’air frais ! Bourré de peps et jouissant d’une atmosphère qui se pose comme un maillon à part entière de cet univers haut en couleurs, « Magie brute » m’a tenu en haleine par son faste dès les premières bases posées. Le décor s’inspire ouvertement des années 30, avec ses gangsters, son parfum de prohibition, ses gros flingues et ses dirigeables. Ça en jette vraiment, Larry Correia réussissant à nous faire ressentir cette atmosphère débridée et dangereuse. Le côté magique en plus, l’auteur y associant des pouvoirs hors du commun qui rappelle les comics et ses super-héros classieux.

    Correia s’approprie ces composants pour les faire sien, en identifiant les différents pouvoirs (télékinésie, force surhumaine, invisibilité, téléportation, etc.), en les étoffant, et les personnalisant (les lourds, les brutes, les voyageurs, etc.). J’ai trouvé sympa la façon dont il essayait de se démarquer des concepts classiques, notamment avec cette histoire de manipulation de la gravité. L’atmosphère qui imprègne le tome fait très « old-school », on l’impression de tomber sur une vieille connaissance, une espèce de livre « doudou » (désolée, je n’ai pas trouvé d’autre mot) qui nous met de bonne humeur. C’est jubilatoire.
    Les personnages (en particulier Jake) sont solidement campés et nous apparaissent comme de vieux compagnons. La dynamique qui s’installe entre les membres du Grimnoir est un des points forts du roman, l’auteur n’hésitant pas à mettre en avant les sentiments qui agitent ses personnages. Ce n’est pas juste un bon roman « couillu », il sait aussi laisser la place à des émotions variées telles que l’amitié, l’amour, la camaraderie, etc. Le style reconnaissable des protagonistes (Delilah et sa belle robe rouge, Jake et son borsalino) marque l’esprit du lecteur de manière durable. On se les représente facilement à l’esprit.
    L’action, omniprésente, est menée tambour battant. Et l’intrigue, qui ne paye pas de mine de prime abord, s’étoffe peu à peu en intégrant un aspect historique (mais certes un peu biaisé). On y retrouve pêle-mêle : la Seconde Guerre Mondiale, la voie du Bushido du Japon féodal, la révolution industrielle, etc. Quelques incohérences sont à noter (c’est souvent le cas dans ce genre de roman), ainsi que quelques maladresses de traduction (la plus flagrante : le personnage qui dit « regardez » pour look, alors qu’il aurait dû dire « écoutez »), mais qui ne gâche le plaisir. Le glossaire en fin de tome est bien utile et apporte quelques subtilités intéressantes.
    Bref, un premier tome plein d’allant, d’humour, de sentiments, où les héros ne sont pas épargnés. Un roman « pulp », divertissant, qui fait hommage aux films de gangsters. A dévorer !