Peine perdue

Olivier Adam

Flammarion

  • par (Libraire)
    11 septembre 2014

    Après la Bretagne et les lisières de la banlieue parisienne, Olivier Adam nous emmène sur la Côte d'Azur, dans une ville de bord de mer, hors saison : où 22 personnages à la vie chaotique sont réunis autour d'une intrigue, l'agression d'Antoine, la gloire du football local. A partir de là, l’auteur nous présente toutes ces personnalités susceptibles d’être concernées de près ou de loin par ce drame, afin de comprendre ce qui s’est passé et ce qui a mené les personnages là où ils sont et à ce qu’ils sont.
    Si vous aimez les romans à veine sociale, les récits qui ont pour ambition de donner une lecture de notre monde, alors, allez-y !


  • par (Libraire)
    28 août 2014

    A l’inverse de ses précédents romans, plutôt écrits sous la forme de récits intimes, O Adam construit son nouveau roman en donnant la parole à une vingtaine de personnes, tout en continuant à dépeindre la société avec ce qu’elle a de sombre et de lumineux. Autour d’Antoine laissé pour mort sur une plage de la côte d’Azur, vont graviter la sœur, l’ex- femme et plein d’autres personnages qui vont contribuer à tisser l’histoire de ce roman avec un suspense très finement écrit.

    FR SIRJACQ


  • 28 août 2014

    Coup de coeur d'Aurélia

    Comme si la vie donnait à certain les clés du bonheur et à d'autres juste une flaque dans laquelle ils ne pourront que patauger... Les personnages de "Peine perdue" ont chacun leur voix, tous différents et pourtant si proches.
    Roman social dynamique et empreint de sensibilité.
    Aurélia


  • par (Libraire)
    21 août 2014

    Sur quelques jours la vie d'une vingtaine de personnes dans le sud de la France. Des personnes dont l'existence chavire, des destins qui se croisent et s'entremêlent, des êtres bousculés par la vie, "dévorés" par leurs regrets de ne pas avoir été capables de donner un autre sens à leur vie.
    Une peinture sombre mais assez juste de notre société.
    Grâce à la belle écriture d'Olivier Adam on s'attache beaucoup à ces personnages en souhaitant qu'ils trouvent un peu de lumière.
    Maud


  • par (Libraire)
    20 août 2014

    Home Run

    J'ai beaucoup aimé le nouveau roman d'Olivier Adam. L'intrigue se passe sur la côte d'Azur, du côté de Nice ou de Cannes. Au début du roman, un jeune homme dénommé Antoine, "gloire locale du football amateur", se fait agresser dans la rue à coups de batte de base-ball. C'est la veille d'un match important et on pense tout d'abord que les agresseurs sont des supporters de l'équipe adverse. Dans le premier chapitre, c'est à dire avant l'agression, c'est Antoine qui raconte et ce jusqu'à ce qu'il tombe dans le coma. Vont alors se succéder vingt-et-un narrateurs (un par chapitre). Tous se connaissent, tous vivent de petits boulots. J'avais un peu peur au début de me perdre avec tous ces personnages mais, en fait, pas du tout. L'intrigue est linéaire et respecte la chronologie des faits. Et puis, on sent que l'auteur a de l'empathie pour ses personnages. Il ne les juge pas et c'est un livre tout sauf manichéen car, par-delà cette étude de personnages, c'est notre société et la crise qui la traverse qu'il dépeint. Bref, c'est un roman social comme je les aime... et j'ai d'ailleurs pensé très fort à son précédent roman, "Les lisières", en lisant celui-ci. Je le conseille à tous !


  • par (Libraire)
    19 août 2014

    "Les lisières" marquaient la fin d'un cycle, la boucle était bouclée, le personnage principal revenait sur ses lieux de jeunesse et mesurait à la fois l'étendue du désastre et le chemin parcouru.

    "Peine perdue" tourne la page. On change de géographie, c'est le sud-est de la France et non plus l'Ouest et ses grands vents, le Japon, ou de façon souvent prégnante chez Olivier Adam, la banlieue parisienne.

    Mais les difficultés restent les mêmes pour qui n'est pas né nanti. Et dans les bons romans comme dans l'existence, dans ces cas-là on fait ce qu'on peut. Le sport semble une rédemption, mais porte ses limites. Et dans "Peine perdue" sera source de tragédie puisque c'est autour d'un règlement de comptes d'après match que le drame principal se nouera et se dénouera.

    Le foot, et une tempête. Parce qu'il ne faut jamais oublier que si l'on n'est à la merci ni de nos propres failles, ni des actes des autres, on ne l'est surtout pas de la force des éléments.

    Ce roman déplaira à ceux qui estiment qu'on est maître de sa vie et réconfortera ceux et surtout celles qui savent qu'on fait au mieux de ce qui nous échoit, et que parfois faire au mieux, on n'y parvient même pas.

    C'est le cas d'Antoine, le seul personnage de ce roman archi-choral (1) qui intervient deux fois, au premier chapitre et au dernier. Malgré l'amour pour la mère de son fiston, malgré toute l'affection qu'il a pour l'enfant, ne réussit pas à faire face, quelque chose rate toujours. Et quand ça ne vient pas de lui, ce sont les autres qui provoquent l'une ou l'autre catastrophe de sa vie.

    Les femmes s'en sortent moins mal, mais subissent davantage. Reste l'entraide, de belles rencontres malgré tout, assez peu de malfaisants notoires fors un vague politico-mafieux local, lequel se tient en haute estime et se comporte comme un sale type, avec le sentiment d'être un gagnant. Il est effectivement le seul qui a une latitude d'action, d'où il en est de pouvoir et d'argent ; influent au niveau local, impuissant au delà. Seulement il l'utilise pour son seul intérêt, ce qui le conduit à nuire.

    L'intrigue fait la part belle aux apparences trompeuses.

    La structure du roman est d'une belle horlogerie, l'histoire, dont la tension narrative est digne d'un bon policier, est relatée de façon linéaire mais ce sont les points de vue qui sont éclatés. Chacun prend la parole à l'instant où il se trouve mêlé à ce qui survient. L'ensemble est si bien maîtrisé qu'à première lecture on ne s'aperçoit de rien. Et l'on se trouve embarqué dans une succession de fondus-enchaînés qui nous laissent avec le seul regret de ne pouvoir prolonger la présence de certains des humains que l'on côtoie ainsi. On aimerait revoir la mère du petit Nino, aussi la soeur d'Antoine, boire un coup et parler foot avec cet entraîneur, Eric, qui nous rappelle si fort ce Laurent qu'on connaît.

    Comme toujours chez Olivier Adam on est au plus près de l'existence, du présent, le chômage reste proche, ombre portée même s'il n'est pas fatalité.

    Le style reste épuré, sans gras. Amateurs de lyrisme et de grandes sagas passez votre chemin. Ici, c'est la vie, entre gris clair et gris foncé, celle d'un peu tout le monde. Et c'est si bien écrit que ça aide à tenir, un pas de plus, un peu.

    (1) Il comprend 23 chapitres tous vu par un narrateur différent, ou plusieurs puisqu'une fois c'est l'équipe (de foot) qui à titre collectif voit son point de vue exprimé, équipe dans laquelle Antoine brillait et où un jeune Tony, qui cache à ses coéquipiers qu'il lit, compte le remplacer.