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Toutes les recettes de Vivement dimanche prochain
20 avril 2013

La cuisine des familles

On l’a vu s’offusquer de ce que les grandes surfaces nous faisaient « bouffer de la merde », de ce qu’il « n’y avait plus de saisons » et j’en passe. On l’a vu et surtout beaucoup entendu, car ce trublion à lunettes qui fustige à juste titre la « malbouffe » ne mâche pas ses mots pour défendre la cuisine, la vraie. Simple et pas chère, utilisant des produits de saison, voilà dans son nouveau livre, assortie d’anecdotes « people », la cuisine du dimanche à la portée de tous les talents et de toutes les bourses, pour tous les jours de la semaine. Soufflé au fromage, endives au jambon, courgettes farcies, boulettes au citron, tiramisu et véritables merveilles… chacun y retrouvera un peu de son enfance. La recette de la madeleine de Proust ?

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Cette main qui a pris la mienne
20 avril 2013

Secret de famille

Deux femmes, deux époques. Lexie dans le Londres frénétique des sixties, Elina dans celui de Tony Blair. Lexie, alias Alexandra quitte son Devon natal pour tenter sa chance dans la capitale anglaise. Elle s’y fait un nom et devient grâce à la complicité du séduisant Innes Kent l’une de ces journalistes renommées, réputée pour ses interviews incisives de Klein, Dali et ses articles pointus sur Picasso, Hopper ou Jasper Jones. Elina quant à elle se sort d’un accouchement difficile. Artiste finnoise, elle est la femme de Ted et la récente naissance de Jonah a mis sa vie en péril. Le récit parallèle de ces deux femmes monte pour se rejoindre car un secret les relie, secret dont Ted, sans le savoir est la clé. C’est de secret de famille dont il est question. Maggie O’Farrell place dans ce roman touchant, d’un charme indéniable, les pièces d’un puzzle qui prennent sens dans les toutes dernières pages. Personnages attachants, peinture réussie d’un Londres que plusieurs générations séparent, on plonge avec délice dans ce très joli texte.

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Tout s'est bien passé
20 avril 2013

D'amour et de mort

La fin de vie, chacun y est confronté, pour soi comme pour les autres. C'est ce que raconte avec pudeur et justesse Emmanuelle Bernheim dans ce récit qui se lit d'une traite. Victime d'un AVC, son père André Bernheim, se retrouve cloué dans un lit d'hôpital, handicapé. Il ne se reconnaît pas dans ce corps allongé qui le dégoûte. Il veut en finir et demande à sa fille de l'aider à mourir. De la stupeur au refus jusqu'à l'acceptation, les réactions et les sentiments les plus contradictoires se succèdent chez les soeurs Bernheim, Emmanuelle et Pascale. Et si aider son père à disparaître était une ultime preuve d'amour filial? Mais comment procéder à un suicide assisté, la pratique étant interdite en France et les peines encourues allant jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende? Emmanuelle Bernheim n'entend pas ici apporter de réponse. Elle fait part de son expérience en termes dépouillés et forts. " Tout s'est bien passé " un témoignage en forme de coup de poing qui parle de l'essentiel: d'amour et de mort.

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La Désobéissance d'Andreas Kuppler, roman
18,00
19 avril 2013

Qui ne dit mot consent

Dès la première page de « La désobéissance d’Andreas Kuppler » on se trouve plongée dans l’Allemagne de 1936. L’Allemagne d’Hitler qui pavoise et montre ses muscles à l’occasion des jeux Olympiques d’été à Berlin et ceux d’hiver à Garmisch-Partenkirchen.  C’est cette époque qui est l’objet du roman. Ce temps du nazisme d’avant la guerre, qui gangrène les esprits, mine les familles jusque dans leur intimité, pousse chacun à se définir par rapport à ce fascisme qui se répand à la vitesse de la peste.

Andréas Kuppler est journaliste sportif. Il se trouve soumis à toutes les pressions. Celle de sa belle famille, prussienne et militante nationale socialiste, celle de son journal qui voudrait que sa couverture des jeux d’hiver soit plus militante, et celle de sa  femme atteinte de dépression, obsédée par son désir insatisfait de grossesse à une époque où le reich vénère la maternité.

Tous ces gens sont terriblement normaux et vivent une vie terriblement normale. C’est cela la force de ce livre. Montrer comment imperceptiblement le pire se met en place, ce moment où chacun est confronté à lui-même.  Ce livre n’est pas une longue dissertation, ni un essai historique ou philosophique. Il raconte une histoire simple, qui résonne si juste qu’on pourrait la croire réelle. Une  histoire attachante dont on aurait tellement voulu qu’elle se termine autrement.

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A propos des chefs-d'oeuvre, Collection Bleue
19,80
19 avril 2013

Le vagabond inspiré

Chef-d’œuvre : nom masculin désignant « l’œuvre la plus parfaite de », et l’un des termes les plus galvaudés de la production écrite et orale de notre temps. Et pour cause : depuis sa première évocation en 1752 par Voltaire, le chef-d’œuvre littéraire (puisqu’il sera question de cet art uniquement) pâtit d’un vide bibliographique qu’entend faire reculer Charles Dantzig dans cet essai, à défaut de le combler. On est loin des trois-parties-trois-sous- parties inhérentes (c’est bien connu) à tout devoir sérieux : Dantzig a passé le cap de la bonne copie et de la course aux médailles. Aux analyses culturelles, il mêle souvenirs personnels et remarques socio-morales, étayés par un étonnant panel d’exemples faisant se côtoyer " Le Ravissement de Lol V. Stein " et Michael Jackson, Steve Jobs et Pasolini, Thom Gunn et Tarantino, l’auteur réglant au passage ses comptes avec l’ "Ulysse " de Joyce, « livre écrit comme on se ronge les ongles ». Le tout en un peu plus de soixante-dix courts chapitres s’apparentant davantage à des pistes de réflexion qu’à des entrées de dictionnaire. Rien de pontifiant donc dans cet ouvrage au ton vif et enjoué (encore faut-il ne pas être allergique aux aphorismes) et aux allures de Carte du Tendre de l’essai. Le lecteur suit effectivement Dantzig dans son vagabondage inspiré et recueille, étape après étape, les précieux indices qui lui permettront d’ériger sa propre définition. Au-delà de la forme parallélépipédique du livre, dont l’auteur aimerait lui-même s’affranchir, le chef-d’œuvre est un monde à part entière, régi par des lois qui lui sont propres, inexploitables en dehors de ses frontières. Cet objet si parfait, subtilement comparé au chant du rossignol, infinitésimal chef-d’œuvre de la nature, n’est pour autant ni « désincarné », ni « intemporel », ni « vaporeux ». En cela, Dantzig rompt avec la tradition romantique de l’inspiration divine et du poète messager pour asseoir l’ancrage spatio-temporel du chef-d’œuvre, et son imperfection nécessaire, puisque né de la main de l’homme. Pessimiste, un tantinet désabusé, il rappelle enfin que le chef-d’œuvre n’est pas à l’abri de l’assoupissement, à l’image de l’ "Astrée " d’Honoré d’Urfé, best-seller en son époque, et que sa survie dépend de l’attention que lui porte le lecteur. Une histoire d’amour, donc.

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