Elizabeth P.

Le Pays des autres
27 juillet 2020

En 1944 à Mulhouse, Mathilde épouse Amine. Ils partent au Maroc dans une ferme isolée.
Ils auront deux enfants.
Dix ans plus tard, des affrontements violents opposent Marocains et Français.
Entre Mathilde et Amine, s’il y a bien des différends, il y a aussi beaucoup d’amour et d’admiration.
Mathilde est une femme forte, déterminée.
Amine est obstinément courageux et volontaire.
J’ai eu le sentiment de vivre un moment au Maroc avec eux.
C‘est vraiment un très beau roman.
Tous les sentiments sont parfaitement rendus.
L’atmosphère évolue au gré des évènements.
L’écriture est simple et belle.
C’est une belle démonstration des ravages du racisme.
Pour nombre de personnes amenées à s’exiler pour une raison ou une autre, il arrive un moment où il est bien difficile de savoir où se sentir dans son pays.
Je ne sais pas quelle réticence incompréhensible ne me poussait pas vers ce livre.
Comme quoi il faut se méfier de ses préjugés.

Les soeurs aux yeux bleus
21 juillet 2020

Quel bonheur à chaque fois renouvelé que de lire Marie Sizun.
On retrouve ici les personnages de La Gouvernante suédoise
Monsieur Sezeneau se retrouve seul avec ses cinq enfants.
Il va envoyer les deux garçons au Prytanée et emmener ses trois filles quelques années à Saint Peterboroug, avant de revenir en France.
C’est un peu grandeur et décadence.
Alice n’est qu’un bébé au début de l’histoire qui se termine quand elle en a plus de soixante.
Quelle existence triste et lourde pour ces trois sœurs devenues adultes, elles auront du mal à se débarrasser de l’emprise de ce père austère que pourtant elle adorent.
Il ne m’est décidément pas sympathique du tout ce Monsieur Sezeneau.
L’écriture coule de source. C’est très agréable à lire.
Et pourtant, de décennies en décennies, la vie des trois sœurs semble toujours aussi pesante et oppressante.
Il se dégage une impression étouffante de ces existences bouleversées depuis l’enfance.
Mais que tout est bien décrit !

Dernier été
21 juillet 2020

C’est très très contemporain : coronavirus, réchauffement climatique, manifestations diverses, perte de libertés, attentats…
Mais c’est dans environ dix ans.
À Marseille, Diane, divorcée, libre et affranchie, tombe sous le charme d’Antoine Bradsock, un écrivain vieillissant qui a pas mal de points communs avec l’auteur.
C’est une satire de notre société et de ses dérives bien enlevée et pleine d’humour.
C’est à peine outré.
Bien que tout ne soit pas rose, loin de là, je me suis beaucoup amusée à cette lecture.
On y retrouve beaucoup de personnages actuels, comme Houellebecq ou Edwy Plenel et bien d’autres encore. C’est truffé de noms d’écrivains.
Une vision du futur proche qui peut sembler féroce mais qui n’est pas si loin d’une possible réalité.
Outre la philosophie et l’humour qui émanent de ce livre, j’ai beaucoup aimé aussi l’écriture et le style.

Amrita
21,90
28 juin 2020

De Hongrie à l’Inde, en passant par Paris et l’Italie, l’auteur nous entraîne sur les traces d’une famille peu commune.
Une des filles, enfant vive sensible et créatrice deviendra une artiste peintre reconnue, une des peintres les plus célèbres d’Inde
Amrita Sher-Gil
En se rendant dans tous les lieux où elle a vécu, en s’aidant de sa correspondance et surtout des innombrables photos que son père a prises d’elle, Patricia Reznikov reconstitue sa vie.
Encore un livre qui me permet de découvrir une artiste que je ne connaissais pas.
J’ai eu un peu de mal au début avec le style, avec la manière de raconter, et puis je me suis laissée embarquer dans cette belle histoire.
C’est plein de couleurs, de bijoux, d’objets, de musique, de beaux lieux.

La vie audacieuse

Elena Costa

Gallimard

20,00
28 juin 2020

Quelle histoire interminable !
Heureusement qu'elle a le mérite d'être bien écrite.
Une histoire lente, longue, lancinante.
Il y a trois personnages principaux.
Ves, 18 ans , étudiant en droit, amoureux d'Evelyne.
Jérôme, treize ans, fils d'Evelyne.
Et bien sûr; l'énigmatique et mystérieuse Evelyne.
Tous les trois sont paumés, introvertis, à la recherche d'eux-mêmes.
C'est parfois désespérant, ça tourne en rond.
On a envie de secouer Yves et Jérôme, d'en savoir plus sur Evelyne.
J'ai cru que je ne viendrais jamais au bout de ce livre.
Il est comme une musique douce et triste.
Tiens, peut-être comme le boléro de Ravel, qui vous emmène loin en restant sur place qui vous envoûte en vous agaçant.