Manuel H.

par (Libraire)
7 juin 2022

Une rafraichissante douceur !

Paralysée des jambes depuis son étrange naissance, Ágústína rêve de gravir la mon tagne qui surplombe son village islandais pour voir le monde d'en haut. En attendant, elle vit et partage ses heures avec Nina, contemple les paysages, s'éveille aux sentiments amoureux, participe à la vie du village. Une fois de plus, Audur Ava Olaffsdottir enchante la littérature et les lecteurs de sa touchante singularité, de ses personnages qui tirent leur force de leurs blessures et de leurs attentions aux autres. Délicat, drôle, décalé, poétique, attachant, surprenant, ce roman est d'une rafraichissante douceur !

par (Libraire)
1 juin 2022

Un émerveillement

Roman magnifique et lumineux, "La vérité sur la lumière" offre le plus bel enchantement qui soit, celui du passage des ténèbres à la lumière, celui de la naissance de tout être qui est aussi la naissance de toute histoire. Alors que ses parents dirigent des pompes funèbres et que sa sœur météorologue annonce des tempêtes, Dýja est « mère de la lumière » comme le fut sa grand-tante Fífa et son arrière-grand-mère. Cette lignée de sages-femmes ne manque pas d'histoires à raconter, de landes à traverser dans le blizzard et de réflexions aussi fantasques que visionnaires sur la planète, la vie – et la lumière ! Un roman fait de rencontres, d'étonnement et d'émerveillement devant la beauté et la fragilité de la vie.

Journal d'un vertige

Futuropolis

25,00
par (Libraire)
27 novembre 2021

Droit dans le Bure !

Du Lot à la Meuse, on ne lâche pas d'une semelle Etienne Davodeau dans ce récit graphique d'une grande intensité narrative, un cheminement sensible au rythme de la marche où chaque case est un pas et chaque pas un trait qui ouvre un sentier, dessine un paysage, élargit l'horizon et engage la conversation. De Pech Merle à Bure, entre un mammouth pariétal et des déchets nucléaires, 800 kilomètres de marche pour relier deux héritages enfouis dans le sous-sol et faire une bonne balade !

C'est l'histoire de deux héritages enfouis dans le sous-sol et de ce qui les relie. Celui que nous ont légué nos ancêtres il y a près de trente mille ans depuis la grotte de Pech Merle dans le Lot : de fascinantes peintures rupestres, avec son mammouth « parfaitement posé sur le monde et déjà en mouvement ». Et celui que nous envisageons de léguer à nos descendants pour cent mille ans : des déchets nucléaires radioactifs que l'on projette d'enfouir à Bure, dans la Meuse. Deux lieux, deux gestes, la beauté et l'effroi qu'Etienne Davodeau décide de relier. 800 kilomètres de marche en un mois pour ressentir le sol, faire corps avec lui, l'éprouver.
Avec un sens admirable du rythme et du cadrage qui place de façon percutante et sensible l'homme dans les paysages, Etienne Davodeau nous invite intensément à le suivre d'une case à l'autre, de près et de loin, de dos et de face, se fondant dans la végétation, disparaissant dans le brouillard, s'exposant à l'intense luminosité du soleil, le pied martelant les sols : herbe, pierre, terre, tourbe, humus forestier, boue, bitume épuisant et impraticable voie ferrée !
Principalement structuré en planche de six cases, le récit graphique étend des panoramiques de pleine largeur et des pages illuminées de voûtes étoilées, respirations poétiques inoubliables. Il offre de magnifiques espaces de silence, le regard porté sur les crêtes, les vallées et les plaines, comme « immergé à la surface du monde ».
Bonne compagne, la marche ouvre l'esprit et le dispose à toutes les rencontres, fortuites et cocasses qui se présentent en chemin. Face à ce marcheur suant, la méfiance cède souvent le pas à l'accueil, la curiosité suivant l'étonnement.
Marcher est une conversation qui fait cheminer la pensée. Et comme on ne pense pas seul, des compagnons de route surgissent au détour des sentiers pour éclairer ces héritages : spécialistes de l'art rupestre, du nucléaire et de la conservation du papier, agroécologue et sémiologue, élu et militant s'opposant au projet d'enfouissement, ils ouvrent en toute intelligence le chemin de la compréhension et des questionnements.
À la dynamique de cette narration qui rejoint celle de la marche s'ajoutent de facétieuses et réjouissantes trouvailles graphiques déposées comme des pépites sur le sol, ce trésor inestimable qu'Etienne Davodeau invite à regarder autrement, donnant envie de le fouler sans plus tarder.

par (Libraire)
6 septembre 2021

« Une trace sur notre rétine émerveillée »

C'est l'un de mes grands coups de cœur de cette rentrée littéraire ! En prenant pour cadre l'audacieuse création du film « Orfeu negro » au destin hors-norme, réalisé à la fin des années cinquante au Brésil par un réalisateur français, Estelle-Sarah Bulle déploie un magnifique roman d'une grande intensité, avec des personnages palpitants et vibrants, un contexte riche et passionnant, une ambiance créative ardente au pays de la samba et de la bossa nova naissante, le tout porté par une narration captivante et des questions toujours brûlantes.

par (Libraire)
6 septembre 2021

Drôle d'Oiseau !

C'est une drôle et cocasse déambulation dans Paris et dans le quotidien, une mélancolie presque heureuse de l'existence faite de peu et de l'essentiel, une oisiveté revendiquée, assumée et vécue qui ouvre aux rencontres les plus inattendues et les plus impromptues au coin de la rue ou au pied de chez soi. C'est le portrait réussi d'un cinquantenaire qui n'attend plus rien, si ce n'est de voir le temps qui passe.