o n l a l u

http://www.onlalu.com/

o n l a l u est un site de critiques et d'informations littéraires animé par une rédaction et ouvert aux internautes.

Husbands, roman
18,00
18 avril 2013

Paroles de cocus

Trois hommes un peu égarés dans leur vie conjugale entrent en contact sur un forum et deviennent instantanément intimes. Farouk, Laurent et Reynald ne se ressemblent pourtant pas. Reynald est un vieux beau qui aborde péniblement la cinquantaine et vit des royalties que lui rapporte sa femme Lauriane, une bimbo beaucoup plus jeune que lui dont il manage la carrière de chanteuse. Mais, après l’avoir adulé, Lauriane est aujourd’hui amoureuse d’un autre. Reynald l’emmène à Cassis en espérant que sous le soleil elle oubliera l’importun. Laurent a grandi dans les quartiers nord de Marseille. Grâce à sa tchatche, il a été le meilleur agent immobilier du sud-est, ce qui lui a beaucoup rapporté. Mais Laurent a perdu son travail et ne sait comment l’avouer à Delphine, sa bourge d’épouse qu’il commence à détester. Farouk vit également à Marseille. Fou amoureux de sa femme Chloé, il est désespéré parce qu’il pense qu’elle le trompe. Tous trois se rencontrent grâce à un site internet un peu particulier, où des hommes rêvent d’offrir leur femme à d’autres, d’assister à leurs ébats, et certains passent à l’acte.

Farouk, Laurent et Reynald se mettent à échanger des messages en mode privé, trouvent un inespéré réconfort dans leurs conversations et décident de se rencontrer dans un bar de nuit à Marseille. Ce qu’ils font, et une franche amitié virile s’installe entre eux dès ce premier soir.

L’histoire aurait pu en rester là, dans cette association de trois aigris passant leur soirée à remâcher leur rancœur contre leurs femmes, Reynald offrant Lauriane aux deux autres, pour la punir de lui échapper. Mais la folie et la perversité s’emparent de ce livre qui se transforme en polar porno et sanglant dont, bien entendu, on taira l’issue. Si l’on fait abstraction de quelques invraisemblances et lourdeurs de premier roman, on ne lâche pas ce texte. Un texte écrit par une femme, et c’est bien là son intérêt. L’auteur, dont c’est le premier roman, ausculte implacablement les réflexes machistes de ses protagonistes, et place au centre de son histoire la question toujours acérée de l’émancipation des filles.

Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u

MES PETITES HISTOIRES D ANIMAUX

Collectif

Philippe Auzou

17 avril 2013

L'histoire de Rosetta Banana et de quelques autres

**Mes petites histoires d'animaux**

Voici un livre que l’on gardera pendant de nombreuses années et qui aura une place de choix dans le cœur de votre enfant !

Il s’agit d’un premier livre d’histoires à lire lors des moments calmes de la journée, au réveil, avant la sieste et au coucher.

Une dizaine d’histoires originales sont proposées autour d’animaux tels que la vache, le kangourou, le chat ou encore l’incontournable loup …

Il y a l’histoire de Rosetta Banana, petite cochonne toute mignonne que ses camarades d’école ignorent et rejettent car ils la pensent sale. Elle réussira à les convaincre du contraire en les invitant à prendre un bain de boue géant parfumé de fleurs et d’huile qui rend la peau douce et soyeuse. La journée se terminera par un joyeux et délicieux goûter avec plein de nouveaux copains !

Il y a également l’histoire d’Armande la vache qui n’aime ses tâches et qui souhaite ressembler à sa voisine Mélusine, vache à robe unie. Armande cherche des moyens de les dissimuler, peindre dessus, se rouler dans la boue … Mélusine va montrer à Armande que de nombreux animaux tachetés tels le guépard, le jaguar ou encore la girafe font partis des plus beaux animaux du monde. Armande convaincue comprend  que ses tâches sont une chance ! Elle peut désormais profiter de la vie entourée de ses amis de la ferme.

Enfin, on peut aussi lire l’histoire du Loup et la taupe. Il fait froid dehors et il neige, la petite taupe est sous sa couette bien au chaud. Elle va recueillir tous ses amis de la forêt qui n’ont pas trouvé d’abris, qui souffrent du froid et qui craignent le loup qui se cache dans la forêt : la grenouille, le blaireau, la mésange et ses petits…Survint le loup qui frappe à la porte et qui s’invite chez la taupe, devenue un repaire de chair fraiche. Passées la surprise et la peur, la taupe et ses amis vont se défendre et réussir à capturer le loup. Pour se remettre de leurs émotions, ils vont tous se retrouver autour d’une marmite de soupe à l’oignon qu’ils dégusteront dans la joie et la bonne humeur.

Toutes les histoires sont illustrées avec des dessins soignés et colorés. Elles enchanteront vos enfants et les initieront de manière subtile et déguisée à la différence, la solidarité et l’acceptation de soi.

Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u

Fleur de tonnerre / roman
15 avril 2013

Quelle empoisonneuse !

Après _le Montespan_, le formidable_ Mangez le si vous voulez_ et le plus récent _Charly 9_, Jean Teulé , avec _Fleur de tonnerre _qui vient de paraître, retrace l’incroyable destin d’Hélène Jégado, empoisonneuse,  qui a tué des dizaines de ses contemporains sans aucune raison apparente. Heléne Jegado née en 1803 en Bretagne fut bercée dès son plus jeune âge par les contes et les légendes celtes dont celle de l’Ankou, l’incarnation de la mort, est la plus connue. Elle commit son premier crime à l’âge de  sept ans  en assaisonnant  de graines de belladone mortelles la bouillie de blé noir de sa mère.  Débute alors son parcours funeste : sillonnant la Bretagne, elle va éliminer sans distinction tous ceux qui accueillaient à bras ouverts cette " excellente cuisinière " : hommes, femmes, enfants. Lors de son procès, en 1852, elle sera accusée du meurtre de plus de trente personnes !

Au fil du récit, on découvre une personnalité froide, manipulatrice, dénuée de toute morale, à laquelle on a du mal à s’attacher, d’autant plus que ses crimes ne sont justifiés par rien sinon qu'elle se prenait pour l’incarnation de l’Ankou ; une justification qui nous laisse un peu sur notre faim… Il n’empêche qu’une nouvelle fois Jean Teulé  s'approprie l'Histoire pour en faire de petites histoires plus incroyables les unes que les autres qu'il raconte avec beaucoup d’humour et qu'on lit avec délectation !

Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u

Fantôme, Une enquête de l'inspecteur Harry Hole

Une enquête de l'inspecteur Harry Hole

Folio

15 avril 2013

Jo Nesbo, le nouveau Stieg Larsson ?

Il faudra qu'un jour un psychologue s'interroge sur les relations complexes qu'entretiennent les auteurs de romans policiers scandinaves avec leur héros. Le Suédois Henning Mankell avec Kurt Wallander, comme l'islandais Arnaldur Indridason avec Elendur Sveinsson ou le Norvégien Jo Nesbo avec Harry Hole, se sont habitués à pousser les curseurs au maximum. A côté du quotidien qu'ils décrivent, celui de l'Américain Harry Bosch (Michael Connelly) ou du britannique Jack Caffery (Mo Hayder) est un chemin verdoyant bordé de roses. A la longue, la cohabitation peut alors s'avérer usante. Parfois jusqu'à la cassure...

Addiction à l'alcool, tentation pour les drogues, instabilité sentimentale chronique, l'existence de Harry Hole est d'autant plus chargée de handicaps que son pays natal semble ravagé par la déliquescence sociale. Sans doute le regard de son créateur noircit-il particulièrement la réalité. Mais sous ces latitudes, quel que soit l'auteur, les effets de la mondialisation virent au cauchemar sans fin. Comme si chaque polar venu du froid nourrissait la nostalgie d'un Eden perdu, sans la moindre note d'espoir.

Dans " Fantôme ", neuvième enquête de la série, un Harry Hole mal cicatrisé de sa rencontre avec " Le Léopard " retrouve son Oslo natal pour tenter de se reconstruire. Viré de la police, il découvre une ville où les trafiquants semblent avoir rebattu les cartes. Mis sur la piste du meurtre de l'un d'eux, renouant au passage avec son ex (voir " Le Bonhomme de neige "), il met au jour un complot où trouvent leur compte la politique locale, la hiérarchie policière et un mystérieux truand russe sans visage, le fameux " Fantôme ".

Moins sanglante que la précédente, cette enquête n'en mène pas moins Harry Hole droit dans le mur. Trop seul et trop usé pour tout encaisser. La lumière qui l'anime vacille à mesure qu'il passe d'un salaud à un lâche, d'un traitre à un assassin. L'auteur fait d'Oslo une cousine de la Baltimore de " The Wire ". Corruption, racisme et drogue à tous les étages. Les chiffres de ventes  et l'intérêt que lui porte le cinéma lui donnent raison. La presse US a même fait de lui le nouveau Stieg Larsson... L'attente et la pression sont fortes. Jo Nesbo y répond en invoquant ses propres démons, quitte à sacrifier le personnage qui lui a valu la fidélité du public.

Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u

Du domaine des Murmures
15 avril 2013

Le vœu d'Esclarmonde

Si vous rêvez d’un vrai dépaysement, si vous êtes fatigués de cette époque où le matériel a mis K.O. le spirituel et où Internet a bouleversé la notion de temps, alors plongez-vous dans le merveilleux (au sens propre comme au figuré) roman de Carole Martinez, « Du Domaine des murmures ». Elle situe son histoire en 1187, au bord de la vallée de la Loue. Esclarmonde a décidé qu’elle n’épouserait pas Lothaire et demande à son père de respecter son vœu : être enfermée, jusqu’à sa mort, dans une cellule pourvue d’une minuscule brèche, par laquelle on lui passera ses repas. Mais Esclarmonde est loin d’imaginer ce que sa décision va engendrer de catastrophes et de cataclysmes. Par sa seule volonté, son seul charisme, elle expédie son père en croisade ainsi qu’une bonne partie de la population de son domaine. Et sa prison devient surtout un lieu de recueillement pour les pèlerins qui arrivent des quatre coins de la France lui confesser leurs péchés. Ce roman-là mêle les morts aux vivants, les premiers venant parfois se venger des seconds. Pendant toutes ces années, où Esclarmonde va voir la vie défiler sous ses yeux, elle aura le temps de regretter son choix. Cependant, une fois les vœux prononcés, seul le pape peut les défaire, mais du Doubs au Vatican, la route est très longue et surtout semée d’embûches. Avec ce « Domaine des murmures », Carole Martinez renouvelle le genre historique et impose son rythme à ce roman qui vous surprendra autant qu’il vous charmera. Comme il a séduit les lycéens qui lui ont donné leur prix Goncourt en  2011.

Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u