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C'est une occupation sans fin que d'être vivant, roman
18 mars 2013

Une vie gâchée

On l’apprend dès les premières pages, Anna, 40 ans, va être étranglée. En plein no man’s land, pour rien, simplement parce qu’elle courait ce matin- là, au mauvais endroit, au mauvais moment. Mais qui était cette Anna ? Une petite fille mal aimée par une mère froide et un père trop faible. Des parents restaurateurs qui trompent leur ennui en travaillant sans cesse. Et puis, un drame va perturber leur existence tranquille : le frère d’Anna, Noé, se noie alors qu’elle est chargée de le surveiller. Cette fois, sa mère ne lui pardonnera pas. Anna devra partir, quitter la maison familiale et sera élevée par sa tante : une femme moderne, affectueuse, merveilleux personnage qui fera de son mieux pour l’aider à grandir. Adulte, Anna se bat pour réussir sa vie, pour être heureuse, enfin. Elle s’occupe de son petit frère Edgar, le dernier né, dont la lourde tâche est de remplacer Noé aux yeux de sa mère. Lui souffre d’être trop aimé et admire cette sœur libre, indépendante, décidée à agir et à ne plus subir. Voici donc l’histoire d’Anna ou plutôt l’histoire d’une vie gâchée. D’une vie qui aurait pu être belle, éclatante, qui était à deux doigts de le devenir et qui s’arrêtera net. " C’est une occupation sans fin que d’être vivant " est un roman cruel, dur, cynique. Mais la talentueuse Sylvie Aymard réussit une prouesse : nous bouleverser avec une prose sans fioriture, brute. Qui nous touche en plein cœur.

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Park Avenue, roman

roman

Albin Michel

22,00
18 mars 2013

Que sont devenues les princesses de Manhattan?

Lors de la dernière décennie, nous avions découvert avec délectation la chick lit (en d'autres termes la littérature pour poulettes), des héroïnes glamour essayant de se faire une place dans l’impitoyable New York branché. Puis la crise est arrivée et, dans son sillage, une littérature plus grave, souvent nourrie de relations familiales et amoureuses houleuses. Le premier roman de Christina Alger, " Park Avenue ", aborde ces deux aspects en nous plongeant au cœur de la récente tornade financière et de ses répercussions chez les ultra- riches. Si le récit débute légèrement, il va peu à peu se recentrer sur la menace d’un énorme scandale à la Madoff qui pourrait éclabousser toute la famille Darling. Outre quelques clichés d’usage, l’originalité de ce roman est de montrer, pas à pas, les failles et les vérités intimes des protagonistes. Et là, on s’attache. Certes, ces héros de fiction sont souvent caricaturaux mais aussi au bord d’un précipice qui nous éclaire sur notre époque et l’actualité. L’auteur connaît bien son sujet (elle a été avocate et analyste chez Goldman Sachs) et ajoute ici un peu de densité aux tribulations de ceux qui s’habillaient hier en Prada, mais sans non plus s’attendre au " Bûcher des Vanités " !

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Les Mensch
18 mars 2013

Une étrange folie

Les Mensch ? Une famille d’apparence ordinaire habitant une maison, véritable « navire en folie » qui vit, bouge, se rétrécit, s’élargit... Les protagonistes ? Le père Théo, la mère Muriel et leurs deux enfants Marie et Simon, « l’idiot du quartier qui avale par poignées des mottes de terre parfumée ». Et aussi la cave de la maison, remplie de secrets, qu’une femme jalouse avait fait combler en son temps, et dans laquelle les Mensch s’installent. Pour les vacances d’abord, puis pour toujours. Jusqu’au jour où... Superbement écrit, ce roman bouleversant, qui mélange subtilement le réel et le fantasque, plonge son lecteur dans une étrange folie d’où il ressort tout retourné et complètement éberlué. Magnifique.

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Vie rêvée, (pages d'un journal, 1965, 1971-1977)

(pages d'un journal, 1965, 1971-1977)

Grasset

22,00
17 mars 2013

Mémoires d'outre-rêves

De 1965 à la fin des années 70, le journal de Thadée Klossowski de Rola, fils de Balthus, nous entraîne à la rencontre des derniers héritiers de la _Café- Society _et des pionniers de la _Jet-Set_. Bienvenue dans un monde d’initiés où le style, les bons mots et la folie divertissante tiennent lieu de passeport. Entre tous ces dîners et voyages au cœur de l’extraordinaire et de la légèreté, Thadée tente de s’atteler à la « tâche littéraire ». Il s’estime peu, se sent perdu ; le sexe, l’amitié et à défaut la littérature, lui servent de remparts. Ce tourbillon de mondanités en sublime compagnie (malheureusement souvent difficile à identifier avec la seule mention des prénoms ou des surnoms), peut laisser exsangue, y compris le lecteur qui aimerait partager des moments plus intimes et vrais de la vie de ces monstres sacrés. Mais tout le sens de ce journal de jeunesse est révélé dans ses dernières lignes. La vérité de Thadée tient à Loulou, la troublante muse du couturier Yves Saint Laurent. Après leur folle errance jusqu’au bord du précipice de la « vie rêvée », ces deux amoureux se reconnaissent enfin et choisissent d’emprunter la voie d’une véritable vie « de rêves ». Et la chrysalide s’est faite papillon…

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Les enquêtes du département V, Délivrance
15 mars 2013

L'écrivain venu du froid

L’homme est étonnant, mais après tout, pourrait-il en être autrement lorsqu'on a passé son enfance dans un hôpital psychiatrique? Même si c'était parce que son père travaillait comme médecin, ça laisse des traces. Une sorte de " Vol au-dessus d'un nid de coucous " en live... A l'âge où on discute foot avec ses copains, lui se lie d'amitié avec un malade qui a tué sa femme, et réalise qu'ange et démon peuvent très bien se côtoyer en une même personne. En souvenir de cet ami un peu spécial, il a donné son nom, Morck, au héros policier, que l'on a découvert dans " Miséricorde ". Un roman que l'on déconseille vivement à tous les claustrophobes, puisqu'une femme y est enfermée dans une cage pendant plusieurs années! Il y eut ensuite " Profanation ", un peu moins réussi, et le voilà à nouveau en grande forme avec " Délivrance ". On y retrouve les thèmes fétiches: l'enfermement, la folie, la déchéance. Le tiercé gagnant des polars. C'est une bouteille à la mer (au sens propre) qui va déclencher l'enquête, un appel au secours danois qui a dérivé vers l'Ecosse. Et cette bouteille qui recèle un papier dont l’encre ressemble à du sang, finit tout naturellement sa route chez Carl Morck en charge du département des affaires non résolues, ou en d'autres termes télévisés, les " cold case ". Elle le met sur la piste d'un psychopathe qui enlève des enfants, pour autant qu'ils fassent partie d'une secte. Et quand Olsen parle de psychopathe, croyez-moi qu'il en connaît un rayon !

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